5/05 VIANNEY

KABARDOCK / Grande salle / 21h00

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A VOIR LES 5 ET 6 MAI DANS LA GRANDE SALLE
Chanson / France
Première partie : Tias
Tarifs : 18€ en prévente / 20€ au guichet
En partenariat avec CHERIE FM

VIANNEY, la révélation de la chanson française débarque à La Réunion ! Après un premier album au succès éclatant, et une nouvelle victoires de la Musique, Vianney revient ! Ne manquez pas Vianney en concert au Kabardock les 5 et 6 mai !

Elle a surgi sans crier gare la déferlante Vianney. Elle s’est déployée à dimension humaine. Fédératrice et populaire. Saine et noble. Une montée en puissance crescendo s’étalant sur deux années aussi riches que pleines et érigeant le garçon en nouveau petit prince de la chanson française. On y a découvert de prime abord un tout frais diplômé d’école de stylisme au look propret, posé à l’extrême, d’une disponibilité confondante et aventureux. Capable, par exemple, de se lancer dans un périple en vélo pour assurer la promotion de son disque en Allemagne. Il y a bien sûr et surtout le répertoire qui s’est imposé avec un pouvoir de séduction immédiat. « Mais t’es pas là, mais t’es où ? ». N’est-ce presque pas un tour de force que de déposer, dès le premier essai, une ritournelle sur toutes les lèvres ? Chanson tremplin d’Idées blanches, album de platine dont les petites sœurs Je te déteste, Veronica, Les gens sont méchants et On est bien comme ça se sont, elles aussi, taillées une place de choix. Sur scène, une aisance bluffante, une présence happante, une attractivité dénuée d’artifices. Chef de meute volontaire, armé de sa guitare, ou seul capitaine de son navire. Au choix. Jamais n’aura-t-il montré le moindre signe d’essoufflement. Il faut rappeler pourtant qu’il s’agissait d’un terrain de jeu complètement vierge pour lui avant le lancement des hostilités. Le public a marché dans ses pas, le métier l’a consacré (Victoire de la musique de l’artiste masculin en 2016) et Céline Dion l’a convoqué pour un titre de son album (Julien Clerc et Gérard Lenorman ont également fait appel à sa plume). Réussite artistique autant que commerciale. Difficile d’effectuer une entrée en matière plus probante.

Donc le nouveau chapitre. Seulement une petite poignée de mois depuis la fin de sa tournée et voilà déjà Vianney de retour aux affaires. Personne n’aurait anticipé un enchaînement aussi rapide. « Je ne me pose pas de questions. Bien que je ne supporte pas l’inactivité, les choses se sont faites naturellement. Il ne faut pas essayer de contrôler ça et juste laisser sortir les chansons ». Nul besoin chez lui de s’adonner à une période d’écriture, cette gymnastique est quasi-quotidienne. Gommant et retravaillant à la pointe fine, sans relâche. Une démarche méticuleuse. « Dès la sortie de mon premier disque, je n’ai cessé d’écrire un peu partout c’est-à-dire dans ma chambre, dans le tour bus, dans les loges. Je suis parti du principe que je n’écrivais pas un album mais des chansons. J’ai toujours une dizaine de textes et je passe de l’une à l’autre. La chanson, je la tords, la découpe, je la modifie. Il y a dans cet exercice-là un degré d’exigence, un côté toujours insatisfait. Je suis assez impitoyable avec cela ». Ce qui frappe, c’est cette force tranquille épatante pour quelqu’un de sa génération.

Donc Vianney. Titre éponyme. Parce qu’il ne se cache pas derrière un masque. Parce qu’il ne joue pas un personnage. Écriture du ressenti, autobiographique. A ne pas confondre avec nombriliste. Sa force est celle de toucher à l’universalité, d’offrir une sorte d’effet miroir. Cette collection de titres ne déroge pas à ce cheminement. Disque de continuité, organique, impulsé par une autre rupture amoureuse. « Elle a vraiment été influente. Pendant des mois, j’avançais difficilement sur certaines chansons qui étaient particulièrement sensibles ». En ouverture, Sans le dire, morceau hautement significatif autour de la pudeur de la souffrance et qui annonce l’habillage musical de l’ensemble. Ce qui impulse et prédomine ici, c’est le tandem guitare-voix et la production à la fois classieuse et luxueuse de Clément Ducol.

Donc Clément Ducol. Qui a décidément le chic de transformer ce qu’il touche en pierre précieuse. Là encore, pas besoin pour Vianney de passer par une phase de tergiversation. Un choix évident, spontané, généré par l’écoute des Amants parallèles de Vincent Delerm et achevé par un arrangement pour Christophe, en l’occurrence celui de Dangereuse. « Il y a eu une première phase où j’ai enregistré les chansons chez moi, seul en Bretagne. Les bases d’arrangements étaient là. Et parce que je ne sais ni lire ni écrire la musique et que Clément a un talent d’écriture immense et un indéniable bon goût, je lui ai laissé le soin de sublimer les bases que j’avais posées, notamment les parties cuivres, cordes et percussions. Dès qu’on a posé les pieds aux studios Saint Germain, on s’est immédiatement trouvés ».

Donc les chansons. D’une belle fluidité et à l’intensité galopante. Amours anxieux, contrariés où le départ se révèle indispensable (Je m’en vais), la sentence couperet (Oublie-moi et sa superposition de chœurs androgynes réalisée par le chanteur lui-même), la déception palpable (Tombe la neige dans laquelle la rythmique des mots sonne comme une percussion) et la fatalité optimiste (Je m’en fous). Échappée à la Mathieu Boogaerts où il se joue délectablement du verbe (Moi aimer toi), complexes pour lesquels il a appris à prendre de la distance (Dumbo et sa mélodie chaloupée), appel à l’abnégation qui prend la forme d’une supplique et se termine dans un final épique (Le fils à papa), pardon anticipé aux générations futures sur nos modes de consommation (Quand je serai père) convocation du carpe diem sentimental sur un élégant lit de piano (Le galopin). Et puis, il y a un morceau qui secoue et invite à poser un genou à terre. Il s’appelle L’homme et l’âme et fait initialement écho aux événements tragiques du 13 novembre. « J’avais envie d’écrire quelque chose suite à ça mais ça ne sortait pas vraiment. J’avais juste une petite mélodie. Fin juin j’arrangeais mes chansons, seul dans mon salon. Au moment d’une pause, il y a une phrase qui m’est venue et qui disait : Et si l’âme est chère à l’homme/Souvent l’homme chérit la lame/Là où l’homme a mis la lame/L’âme a mis les voiles. Je me couche là-dessus, le lendemain je fais pratiquement la chanson. Ce jour- là, le père Hamel se fait égorger. J’étais terrassé, j’y ai vu un signe ». Vianney sonde nos âmes. Amoureuses ou conscientes. Garçon accompli, tourné vers le sentiment et en éveil sur le monde qui l’entoure.

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